
OUI à l’initiative sur la neutralité
L’initiative « Sauvegarder la neutralité suisse (initiative sur la neutralité) » vise à inscrire dans la Constitution une définition plus précise de la neutralité. Elle entend ainsi contrer l’interprétation flexible de la neutralité par le gouvernement suisse, qui a conduit à un affaiblissement progressif et à une perte de crédibilité. L’initiative exige en premier lieu le rejet catégorique de toute adhésion de la Suisse à des alliances militaires.
Deuxièmement, elle interdit la participation directe ou indirecte de la Suisse à des guerres entre États tiers. Cela signifie également qu’elle ne prendra aucune mesure coercitive unilatérale (sanctions) à l’encontre de ces pays ; les sanctions fondées sur le droit international (sanctions de l’ONU) continueront toutefois d’être appliquées. L’initiative stipule en outre que la Suisse doit mettre à profit son rôle neutre pour intervenir diplomatiquement en vue de prévenir et de résoudre les conflits.
Le Parti Suisse du Travail (PST-POP) considère cette initiative comme un outil important pour la réalisation d’une Suisse pacifique et, par conséquent, pour l’ensemble de la population. D’une part, elle exprime le rejet de l’adhésion insidieuse de la Suisse à l’OTAN. D’autre part, il s’agit de rejeter la reprise automatique par notre pays de sanctions arbitraires. Celles-ci ont des conséquences dévastatrices pour les classes travailleuses – tant ici que dans les pays concernés. De plus, cette initiative permet de se rapprocher de l’objectif d’une Suisse qui ne se soumet pas à la politique impérialiste et belliciste de l’Union européenne et des États-Unis.
Notre argumentaire complet: https://pst-pop.ch/pour-une-suisse-neutre-et-solidaire/
Un comité de gauche, pacifiste et anti-impérialiste soutient cette initiative, lien ci-contre : https://www.comite-gauche-neutralite.ch
Oui à l’initiative pour une alimentation sûre
L’été 2026 aura battu en Suisse tous les records de chaleur – avec des semaines de canicule – et de sécheresse. Et il ne s’agit pas simplement d’un été anormalement chaud, comme il a pu y en avoir par le passé, mais de ce qui devient, avec le réchauffement climatique d’origine anthropique, la nouvelle normalité. Cette nouvelle réalité a des conséquences bien réelles, et dévastatrices, sur les êtres humains – atteints dans leur bien être et leur santé par la canicule –, sur les ressources en eau – touchées par des pénuries, qui vont aller en s’accentuant à mesure que le climat de la Suisse se fait plus chaud et plus sec –, sur la biodiversité, sur l’agriculture – confrontée à des baisses de rendement significatives, ainsi que sur l’élevage.
C’est à cette nouvelle réalité que l’initiative pour une alimentation sûr cherche à apporter des réponses, pertinentes, et difficiles à éviter, même si elles présentent des contraintes. L’initiative prévoit un taux d’auto-approvisionnement alimentaire de 70% dix ans après son entrée en vigueur (contre environ 43% aujourd’hui). Ambitieux, cet objectif est pourtant nécessaire. Le système de marché mondialisé actuel – à base de monocultures industrielles, d’aliments ultra-transformés et de transports sur des milliers de kilomètres – est non seulement source de dégâts considérables aux terres, aux eaux et à la biodiversité, ainsi que de colossaux gaspillages. Il est aussi très peu durable, et aujourd’hui remis en cause par la fragmentation du monde en blocs rivaux, par les effets du dérèglement climatique sur les rendements et par la multiplication des guerres qui rendent les échanges internationaux aléatoires. Un auto-approvisionnement autant que possible devient une question de sécurité alimentaire.
Pour atteindre cet objectif, l’initiative prône une agriculture locale et durable, selon une approche holistique, et recoupant celle prônée par le PST-POP : agriculture durable et respectueuse du climat ; production de denrées alimentaires répondant aux conditions locales et à une utilisation efficiente des ressources ; promotion de plants et semences naturels et reproductibles ; préservation des sols, des ressources, des écosystèmes et de la biodiversité ; relations commerciales transfrontalières compatibles avec ces objectifs. Il est vrai qu’elle prévoit aussi « une agriculture et un secteur agricole répondant aux exigences du marché », ce qui en atténue la portée.
Un second volet de l’initiative est la préservation des ressources en eau potable et leur protection contre la pollution, que l’actuel modèle de production non-durable engendre. Elle demande la préservation des ressources souterraines en eau (nappes phréatiques). Face à la pollution engendrée par les produits phytosanitaires, elle se contente de l’exigence on ne peut plus modérée d’interdire à la Confédération d’autoriser le dépassement de seuils qu’elle a elle-même fixés en 2008.
La campagne des opposants sur un prétendu « diktat vegan » est basée sur un grossier mensonge. L’initiative ne prévoit aucunement d’interdire la viande, ni sa production en Suisse, encore moins imposer le véganisme. Certes, un des volets prévus par l’initiative pour atteindre 70% au minimum d’auto-approvisionnement alimentaire est la « promotion d’un mode d’alimentation davantage centré sur les denrées végétales » (davantage ≠ 100% !), et un secteur agroalimentaire et une agriculture adaptées en conséquences (actuellement, 75% des subventions dévolues à l’agriculture en Suisse soutiennent la production de denrées d’origine animale). Mais peut-on aujourd’hui s’en passer ? La quantité moyenne de produits d’origine animale consommée par personne dans les pays développés est possible grâce à l’élevage intensif, qui, outre des problèmes éthiques, est responsable d’une utilisation de terres arables et d’eau incomparablement plus élevées que pour produire une quantité équivalente d’aliments végétaux, ainsi que de pollution et de déforestation à large échelle. Ce n’est écologiquement pas soutenable de continuer ainsi.
Les objectifs visés par l’initiative sont sans doute hautement contraignants, et il ne serait pas simple de les atteindre. Mais c’est la réalité qui impose ces contraintes. Car l’urgence climatique est plus que jamais là, et s’aggrave d’année en année. Ce qui rend nécessaire de procéder à des transformations systémiques, radicales et rapides. C’est certes difficile – mais le temps où un changement progressif et indolore était possible est malheureusement passé – mais plus nous repoussons l’échéance, plus les effets du dérèglement climatique seront brutaux et irréductibles, plus les changements à mettre en œuvre seront difficiles encore. Sans doute, ce sera une bataille tout aussi difficile, en cas d’acceptation de l’initiative, que de s’assurer que le Conseil fédéral et l’Assemblée fédérale la mettent en œuvre d’une façon conforme à ses objectifs et qui ne soit pas au détriment des paysan-ne-s, dont la situation est déjà plus que compliquée (aussi ne pouvons-nous que comprendre les réticences de leurs organisations représentatives). Mais, nous pensons qu’il n’y a pas d’autre option que de relever ce défi. Par ailleurs, l’initiative fixe un cadre suffisamment contraignant, prévoit que les transformation agricoles requises soient « socialement supportables » et « financées par la Confédération ».
Oui à l’initiative pour une contraception gratuite
Aujourd’hui à Genève, la contraception reste en grande partie à la charge des individus. Pour de nombreuses personnes, c’est un obstacle bien réel. Le 27 septembre 2026, la population est appelée à se prononcer sur une initiative qui propose une solution simple : garantir un accès gratuit à l’ensemble des méthodes contraceptives.
La contraception n’est pas un luxe. Elle est au cœur de la santé sexuelle et reproductive. Elle permet de prévenir les grossesses non désirées, de planifier sa vie et de préserver son autonomie. Pourtant, en Suisse, elle n’est en principe pas remboursée par l’assurance-maladie de base, alors même qu’elle implique souvent une consultation médicale et une prescription. Cette situation contraste avec celle de nombreux pays européens, comme la France, la Grande-Bretagne ou l’Espagne, où la contraception est largement prise en charge par les systèmes de santé publics. La Suisse accuse ainsi un retard en matière d’accès équitable à la contraception.
Concrètement, les coûts peuvent être importants. Une pilule représente une dépense régulière, tandis que les méthodes les plus efficaces – comme les implants ou les dispositifs intra-utérins – peuvent coûter plusieurs centaines de francs. A cela s’ajoutent les frais de consultation. Pour les personnes à revenus modestes, ces montants constituent un frein réel.
Résultat : certaines personnes renoncent à la contraception ou optent pour des méthodes moins adaptées à leur situation. Ce renoncement augmente le risque de grossesses non désirées, avec des conséquences importantes sur la santé, la formation, la vie professionnelle et la situation financière.
A Genève, le taux d’interruptions de grossesse est le plus élevé de Suisse, avec environ 10,5 interruptions pour 1 000 femmes en 2022, contre environ 7 pour 1 000 au niveau national. Cet écart montre que l’accès à la contraception reste insuffisant pour une partie de la population.
La situation actuelle est également profondément inégalitaire. Dans les faits, les coûts et la responsabilité de la contraception reposent encore majoritairement sur les femmes. Cette charge financière et mentale n’est pas acceptable dans une société qui vise l’égalité.
L’initiative « Pour une contraception gratuite » propose de corriger ces inégalités en instaurant une prise en charge publique de l’ensemble des frais liés à la contraception. Elle vise toutes les méthodes reconnues comme efficaces : préservatifs, contraception orale, pilule d’urgence, implants, patchs, anneaux, ou encore dispositifs intra-utérins. L’objectif est de garantir un accès universel, sans condition d’âge ni de revenu, afin que chacune et chacun puisse choisir la méthode la plus adaptée à sa situation, sans contrainte économique.
Il s’agit d’un choix de société : considérer la contraception comme un élément essentiel de la santé publique, au même titre que d’autres prestations déjà prises en charge. Cette approche est d’ailleurs encouragée au niveau fédéral, qui reconnaît que les cantons peuvent agir pour améliorer l’accès à la contraception.
L’initiative « Pour une contraception gratuite » propose une mesure cohérente et ambitieuse, qui agit à la racine du problème. Elle permettrait de réduire les inégalités, d’améliorer la santé publique et de soutenir le pouvoir d’achat, dans un contexte où le coût de la vie ne cesse d’augmenter.
Genève a souvent su être pionnière en matière de politique sociale et de santé. Avec cette initiative, elle peut à nouveau montrer la voie et garantir un accès équitable à un droit fondamental : celui de disposer librement de son corps et de sa santé.
(Argumentaire du comité d’initiative).
Oui à la loi ouvrant un crédit au titre de subvention cantonale d’investissement de 39 500 000 francs visant à accélérer la réalisation de projets transfrontaliers structurants pour Genève en matière de mobilité, d’environnement et de santé
Ce n’est un scoop pour personne : la circulation est souvent paralysée dans le canton de Genève, à cause des travaux, mais aussi d’un nombre disproportionné de voiture individuelles sur des routes pourtant étroites. Une partie de ce trafic est occasionnée par les travailleuses et travailleurs résidant en France voisine – en partie chassés par la crise du logement sévissant à Genève – et qui n’ont pas toujours d’alternative à l’usage de la voiture pour leurs déplacements professionnels.
Pour remédier à cette situation, le Grand Conseil de la République et canton de Genève a voté une loi ouvrant un crédit de 39’500’000, afin de financer la construction de parkings relais (P+R) en territoire français frontalier, ainsi que l’extension de lignes de tram et de bus, dans le but de créer des alternatives à la voiture et de faciliter le transfert modal en direction des transports publics pour les travailleuses et travailleurs frontaliers. Le transfert de cette somme – en complément de financements de la Confédération – serait strictement conditionné à l’avancement des projets qu’elle finance.
Cette loi est combattue par le seul MCG, avec des arguments que nous estimons démagogiques : pourquoi faudrait-il payer avec nos impôts pour la France, alors que nous manquons d’argent pour les nôtres ? Oui, mais l’engorgement des routes genevoises par les bouchons coûte plus, sans parler des émissions de CO2 induites. La réduction du trafic motorisé que les travaux financés par cette loi permettraient de réaliser serait bénéfique à la fois pour le transfert modal – et la réduction d’émissions de gaz à effet de serre qu’elle induirait – et pour la fluidité du trafic sur le territoire du canton de Genève.
Non à la modification de la Loi sur les démolitions, transformations et rénovations (LDTR): NON au retour des congés-ventes
NON à une pénurie accrue de loyers abordables et à une insécurité incontestable pour l’ensemble des locataires.
Une contagion de congés pour relouer plus cher
Une épidémie de congés frappe les locataires dans toute la Suisse : les congés-rénovations pour relouer beaucoup plus cher. Les plus durement touchés sont les locataires de longue date, souvent âgés. A Genève, la LDTR (Loi sur les démolitions, transformations et rénovations) introduite grâce à feu Christian GROBET a endigué ce fléau pendant 40 ans, comme le démontre une statistique de l’Ecole polytechnique fédérale sur les années 2015-2020.

Mais des assurances suisses-allemandes, des banques et des fonds de pension ont commencé à notifier des congés-rénovations en masse, à Genève également. En janvier notamment, des dizaines de locataires ont reçu des résiliations de baux au boulevard Carl-Vogt en Ville de Genève.
Ces mêmes propriétaires donnent aussi des congés-rénovations individuels. Par exemple, la Zurich Assurances veut expulser une femme de 72 ans, à faible revenu, après 30 ans de bail, pour rénover cuisine et salle de bains !
Même en cas de grands travaux, à Genève, le principe était jusqu’à présent de ne pas résilier les baux, sauf cas exceptionnels, et de faire les travaux au besoin avec des rocades d’appartement. Le Lignon a été rénové ainsi, de même que de très nombreux autres immeubles comme à la rue Michel-Servet.
Chasser tous les locataires d’un immeuble pour réaliser des travaux sert de prétexte pour ensuite relouer beaucoup plus cher que si les travaux étaient faits sans congés. Jusqu’ici, le droit cantonal (LDTR) a empêché ces abus, comme le prouve le tableau ci-dessus.
La loi 13025 entraînera de nouvelles vagues de congés
La loi 13025 vise le même objectif que les congés-rénovations abusifs. La loi actuelle permet déjà à un locataire d’acheter son logement, mais avec l’accord de 60% des locataires en place ; si cette protection et la surveillance du Département tombent, les immeubles à loyers abordables seront vendus à la découpe.
Le peuple a déjà refusé cette supercherie en 2016, et le Grand Conseil a rejeté une loi presque identique en 2023. Les représentants des spéculateurs au Grand Conseil reviennent à la charge avec leur loi 13025, qui est pire que les précédentes puisque le délai pendant lequel le locataire doit avoir habité le logement avant d’acheter est plus court : 3 ans au lieu de 5 !
Ils prétendent permettre « à un locataire souhaitant librement acheter » son appartement de le faire. La « liberté » d’acheter ou non est une mauvaise plaisanterie vue la jurisprudence fédérale (TF) qui permet bien des abus des propriétaires en matière de congés (besoin d’un proche, travaux dans l’immeuble) ! Celle ou celui qui ne pourra pas acheter devra partir. En effet, le TF admet les congés pour relouer plus cher ou pour vendre plus cher à un tiers. Cette loi 13025 donnera aussi la possibilité de résilier pour relouer à un tiers pistonné, pour acheter le logement après 3 ans de location. En effet, si le locataire d’un logement à loyer encore abordable refuse l’offre d’acheter (discrète et difficile à prouver), le propriétaire s’empressera de résilier pour relouer plus cher, avec la bénédiction du TF. Il pourra ensuite « proposer » l’achat à un nouveau locataire de son choix.
La protection contre les congés mentionnée par les milieux immobiliers dans cette loi 13025 ne vaut donc rien.
Les propriétaires n’auront même pas besoin de résilier le bail. Il leur suffira d’imposer au locataire un bail non renouvelable de 3 ans, comme le fait la Zurich Assurances, entre autres. Au terme du bail, le locataire n’aura d’autre choix que d’acheter ou de partir.
En tous les cas, les bailleurs seront incités à n’attribuer des logements qu’aux locataires ayant les moyens financiers pour acheter – surtout leurs proches ou amis – qui pourront spéculer plus tard, comme ils l’ont fait avec les PPE à La Tulette (Cologny) avant la loi Longchamp.
La loi 13025 péjorera la situation de la majorité de la population au profit de quelques propriétaires.
Leur loi 13025 fera disparaître de nombreux logements locatifs à loyers abordables. Seront surtout visés les appartements ayant des baux plus anciens avec des loyers modestes.
Et cette loi ne donnera aucun droit au locataire d’acheter son logement. C’est toujours le propriétaire qui décidera s’il souhaite vendre et à qui. Il vendra un vieux logement à un montant plafonné au prix du neuf. Cette loi avantage donc le bailleur de tous points de vue : vendre du vieux au prix du neuf / chasser un locataire en place pour relouer beaucoup plus cher.
En revanche, l’ensemble des locataires subira les conséquences de cette loi. Le nouveau propriétaire pourra revendre après 5 ans ou le relouer sans limite de prix ou de loyer. Une explosion des loyers s’en suivra. Elle sera beaucoup plus élevée que si l’immeuble n’avait pas été vendu à la découpe.
A Londres, Madame Thatcher avait vendu les logements sociaux aux locataires, il y a 40 ans. Aujourd’hui, cette ville manque de logements abordables. Les infirmières et les policiers, expulsés toujours plus loin, doivent passer des heures dans les transports communs : la ville doit aujourd’hui racheter ces mêmes logements, au prix fort ! Le MCG, qui soutient la loi 13025, veut-il éjecter la population à revenu moyen de Genève vers la France ?
En fait, cette loi 13025 est une véritable tromperie sociale, politique et économique. Elle nous ramène à la spéculation des années 1960 et 1980. Renvoyons le paquet à son expéditeur.
(Argumentaire du comité référendaire)
NON à une coupe de 2 millions à la Haute-école spécialisée de Suisse occidentale (HES-SO) Genève
En résumé : 4 raisons de voter NON :
- Refuser cette coupe permet de préserver la qualité de la formation dispensée à plus de 6’000 étudiant-es dans des filières essentielles comme la santé, le social ou l’ingénierie, dont notre canton a besoin.
- Cette réduction intervient après une forte hausse des taxes d’études, ce qui pénalise directement les étudiant-es et accentue les inégalités d’accès à la formation.
- Le montant concerné est très faible à l’échelle du canton, puisqu’il représente seulement 0,018 % du budget, pour des conséquences pourtant importantes.
- Accepter cette coupe créerait un précédent dangereux en ouvrant la voie à un désengagement progressif de l’État dans le financement de la formation publique.
En détail : refusons cette dangereuse cure d’austérité dans la formation
Le 27 septembre, la population genevoise est appelée à se prononcer sur une décision préoccupante : une coupe de 2 millions de francs par an dans le financement de la HES-SO Genève qui a été décidée en décembre 2025 par la majorité de droite du Grand Conseil. Une large alliance de partis, syndicats et associations a lancé un référendum qui a permis de récolter près de 6000 signatures. Ce référendum, qui porte sur le contrat de prestations entre l’État et la HES-SO Genève, ne met pas en danger le financement global de l’institution et est nécessaire pour contraindre le Conseil d’État à revenir sur cette coupe.
En effet, derrière ce chiffre de 2 millions par année se cache une réalité très concrète : moins de moyens pour former des professionnel-les indispensables au fonctionnement quotidien de notre canton. La HES-SO Genève accueille plus de 6’000 étudiant-es dans six hautes écoles spécialisées. Elle forme celles et ceux qui soignent, accompagnent, construisent et innovent au quotidien. Elle regroupe 6 hautes écoles spécialisées de niveau universitaire : HEdS (santé), HETS (social), HEAD (art & design), HEG (gestion), HEM (musique) et HEPIA (paysagisme, ingénierie, architecture). Dans un contexte marqué par des pénuries dans plusieurs de ces domaines, affaiblir cette institution est un contresens.
Cette coupe intervient de manière d’autant plus choquante qu’elle survient directement après une forte hausse des taxes d’études : +40 % pour les étudiant-es suisses et jusqu’à +110 % pour les étudiant-es étranger-ères. Autrement dit, on fait payer davantage les études tout en réduisant les moyens publics qui garantissent leur qualité. Cette logique est injuste et pénalise directement les étudiant-es, déjà confronté-es à un coût de la vie élevé à Genève. Ce sont en particulier les étudiant-es issu-es des couches moyennes et populaires qui feront les frais de ces coupes et qui ne pourront plus se permettre d’apprendre des métiers pourtant particulièrement utiles à la collectivité.
2 millions de francs, c’est 0,018 % des charges annuelles du canton. Autant dire que les finances genevoises ne vont pas se redresser brusquement par cette mesure d’économie. En revanche, cette réduction aurait des conséquences cruciales pour les filières de la HES-SO. Les moyens concernés financent notamment des dispositifs essentiels pour les étudiant-es, comme les indemnités de stage – particulièrement importantes dans les filières de la santé et du social – ou l’accès à des prestations de soutien (santé, accompagnement psychologique, activités sportives et culturelles). Réduire ces ressources, c’est risquer de détériorer les conditions d’études et d’accentuer la précarité étudiante.
Cette décision crée également un précédent dangereux. Elle revient à utiliser l’augmentation des taxes d’études comme un prétexte pour diminuer l’engagement de l’État dans le financement de la formation. Si cette logique devait s’imposer, elle pourrait s’étendre à d’autres institutions, notamment l’Université de Genève. La formation publique ne doit pas devenir une variable d’ajustement budgétaire ni être réservée à une élite qui peut la financer individuellement quand les collectivités se retirent.
Le financement de la HES-SO Genève repose sur un contrat de prestations conclu avec l’État. Ce contrat n’est pas une subvention facultative : il correspond à la mission de service public que remplit l’institution pour répondre aux besoins de la population. Or, la coupe a été introduite tardivement dans le processus et sans véritable concertation. Cette manière de faire fragilise la confiance entre l’État et ses institutions et remet en cause un principe essentiel : la stabilité des engagements publics.
Enfin, il est important de rappeler que le modèle intercantonal de financement de la HES-SO est globalement favorable à Genève. L’État de Genève verse environ 145 millions de francs par année au système HES-SO, mais en reçoit près de 160 millions pour le financement de ses écoles. Genève est donc bénéficiaire net de ce modèle, qui fonctionne et qui est objectivement avantageux pour le canton. La coupe décidée ne corrige donc aucun déséquilibre : elle affaiblit un système qui fonctionne et qui profite à Genève.
Refuser cette coupe, c’est défendre une formation publique accessible et de qualité. C’est garantir des conditions d’études dignes et un accès démocratique aux études supérieures. C’est aussi assurer que notre canton puisse continuer à former les professionnel-les indispensables à la cohésion sociale, à la santé publique, à la transition écologique et au maintien de services publics de qualité.
(Argumentaire du comité référendaire)

