
Le Parti du Travail lance ce jour une initiative pour une contribution des multimillionnaires que vous trouverez ci-joint et qui propose:
- Une contribution de 0,5 % sur la part de la fortune qui dépasse 5 millions, et de 0,5 % supplémentaire sur la part qui dépasse 20 millions de francs.
- Une révision du bouclier fiscal, qui permet aujourd’hui aux plus grandes fortunes de limiter leur impôt.
- Une hausse des déductions pour toute la population : 100 000 francs de fortune exonérés pour une personne seule, 200 000 francs pour un couple ou une famille monoparentale, et 50 000 francs par enfant à charge
Une concentration forte de la fortune
À Genève, la fortune est extrêmement concentrées. Selon les derniers chiffres de l’administration fiscale, 1 % des contribuables, celles et ceux qui déclarent plus de 5 millions de francs, détiennent à eux seuls 68 % de la fortune imposable du canton. « Notre initiative ne concerne que ce 1 %. Les 99 % restants ne paieront pas un franc de plus », souligne Quentin Stauffer, membre du comité d’initiative. « En demandant un petit effort au pour-cent le plus fortuné, on dégage environ 800 millions de francs par an pour défendre les prestations à la population : subsides d’assurance maladie, prestations complémentaires, aide sociale. »
Un contexte d’austérité
« On nous disait que Genève n’a pas un problème de recettes mais de dépenses et qu’on pouvait se permettre une baisse d’impôts sans devoir toucher aux prestations. Le peuple a voté, soit. Mais désormais le canton a un déficit budgétaire équivalent au manque à gagner fiscal, et le Conseil d’Etat veut imposer des mesures d’austérité brutale – 700 millions d’ici 2030 – qui viendront frapper avant tout les personnes les plus précaires et les services publics dont tout le monde a besoin » dénonce Alexander Eniline. « Nous refusons cette logique de cadeaux fiscaux aux plus riches d’abord, puis de politiques d’austérité dont la majorité souffre. Nous refusons la logique consistant à dire que, face au déficit budgétaire, la seule solution serait de tailler à la hache dans les dépenses. C’est pourquoi nous proposons une autre solution ».
Une urgence climatique
« Quand on parle d’impôts, on parle en réalité de services publics, de santé, et plus largement d’un projet de société. Aujourd’hui, ce projet est indissociable de l’urgence climatique », explique Alix Henzelin. L’été qui vient de s’écouler l’a montré : Genève n’est pas équipée pour faire face à de telles chaleurs. Les logements ne sont pas adaptés, les quartiers les plus denses manquent d’espaces verts, et les personnes les plus exposées (personnes âgées, enfants, travailleuses et travailleurs en extérieur, personnes sans abri) auront besoin de soins et de protection. « On ne parle plus seulement de transition : les effets du réchauffement sont déjà là, et il faut s’y préparer concrètement. Ce n’est pas un discours catastrophiste, c’est le constat du GIEC. »
Ces mesures demandent des moyens, alors que l’État coupe dans des secteurs essentiels. Or, en Suisse, le décile des ménages les plus aisés émet presque quatre fois plus de gaz à effet de serre que le décile le plus modeste. « La question environnementale est aussi une question sociale », souligne Alix Henzelin. « Les plus riches polluent le plus. Il est logique qu’ils contribuent davantage. Mais surtout, ils en ont largement les moyens. »
Un exil fiscal fantoche
Luca Piddiu rappelle que « Plusieurs études ont montré des départs très limités, voire marginaux, de l’ordre de 0.25% des contribuables par an, et une diminution de seulement 1% du total des revenus imposables par ce type d’impôts sur les grandes fortunes ». Ces chiffres sont issus de plusieurs études*[1]. Pour le canton de Genève, cela représenterait une perte de 8millions sur un gain de 800 millions. Il faudrait que la moitié des grandes fortunes partent pour que l’initiative n’aie aucun effet. « De plus, les réseaux d’affaires sont basés à Genève » précise Luca Piddiu « Le canton est aussi choisie en raison de sa qualité de vie, tributaire des services publics. ».
Personnes de contact
Quentin Stauffer, 076 304 17 87
Alexander Eniline, 079 671 87 08
Annexe : Présentation Initiative, feuille de récolte.
* Zucman, Gabriel. Les hauts patrimoines fuient-ils l’ISF ? Une estimation sur la période 1995-2006. 2008. École d’économie de Paris
**République Française, Conseil d’analyse économique, Fiscalité du capital : quels sont les effets de l’exil fiscal sur l’économie ? Paris, septembre 2025
[1] Zucman, Gabriel. Les hauts patrimoines fuient-ils l’ISF ? Une estimation sur la période 1995-2006. 2008. École d’économie de Paris
République Française, Conseil d’analyse économique, Fiscalité du capital : quels sont les effets de l’exil fiscal sur l’économie ? Paris, septembre 2025

